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Freeman - L'Palais de justice [Chronique rétro]

D'abord danseur au sein du collectif IAM, puis apprenti rappeur pour quelques apparitions sur disque aux côtés de Shurik'n et Akhenaton, celui que l'on appelle également Malek Sultan n'a pas eu un parcours facile. Emmené dans le sillage vivifiant de ses comparses, le marseillais a presque autant profité du prestige des siens que souffert de la comparaison qui allait avec. Ainsi, souvent considéré comme le maillon faible microphonique de la bande, Freeman n'a pas eu la tâche facile au moment de prendre son envol afin de livrer la pièce maîtresse de son œuvre d'artiste (un comble pour un Homme Libre, direz-vous….). Seul, pas vraiment, puisque le Free compte sur cet opus le soutien non négligeable de son double des MCs Arabica, K-Rhyme le Roi.

Des difficultés, le membre d'IAM en a rencontré, et en a surmonté. Preuve ultime de sa persévérance et de sa détermination, la livraison de cet opus intitulé L'Palais de Justicesonne comme un aboutissement à l'écoute du très personnel et introspectif "Combien j'ai ramé", sur lequel Freeman raconte son parcours, et une jeunesse bercée par la rencontre musicale. Le passé comme centre de l'attention, c'est un le leitmotiv de cet album nostalgique. En effet, alors qu'il reçoit Oxmo Puccino et Pit Baccardi pour "Le passé reste", Freeman se montre blessé au plus profond de lui en évoquant la souffrance et le déracinement sur "Bladi" (ft. Khaled). Concerné par les douleurs des siens, il se penche sur le sujet délicat de la culture avec "Le voile du silence". Mal être, doute, angoisse, mais aussi défiance face au système établi et au peu de place qu'il lui laisse, Freeman multiplie les pamphlets depuis l'intro "Intrus" jusqu'à la dernière track de l'opus, le poignant "La Terre n'est pas mon chez moi", en passant par "Destiné à finir seul" ou encore "Je ne sais pas comment vivre". Résonnant comme un lamentation saisissante, pleine d'amertume, de désillusion et de rancœur, à l'instar du rapport du Free à la musique exprimé sur "Elle, chienne", L'Palais de Justice réserve également son lot de titre virulent comme l'oppressant "La sphère de l'influence", ou l'hymne collectif "C'est notre Hip Hop", qui rassemble autour de Malek Sultan une foule de rappeurs du Côté Obscur.

Loin d'être un parcours de santé pour un Freeman attendu au tournant, cet opus s'avère réussi sur toute la ligne. Nettement aidé dans sa quête par Akhenaton et Imhotep, qui lui apportent un soutien considérable dans la production, le Free n'en demeure pas moins gagnant de son pari, assisté par son compère K-Rhyme le Roi et de la famille marseillaise au grand complet. Pas un rappeur à l'origine, ni même invité ou encouragé à l'être en dehors du cercle Côté Obscur, Freeman aura su tirer le meilleur de ses compagnons de fortune et puiser au plus profond de son histoire les ressources nécessaires à la composition d'un disque intime, profond. Rarement reconnu pour ses qualités techniques, le Free s'en sort pourtant haut la main avec cette livraison "certifiée conforme" à la norme marseillaise de l'époque. On peut partir avec un retard considérable et se compter parmi les vainqueurs l'arrivée. Freeman a été formé à bonne Ecole, pourra-t-on dire.

18/20

Chronique réalisée par Raging Bull

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