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113 Clan - Les princes de la ville [Chronique rétro]

Composé des trois gros de Vitry, Rim-K, AP et Mokobé, le 113 fait partie intégrante de la sphère Mafia K’1Fry. Arrivés à la force du poignet jusqu’à la sortie de leur très bonNi barreaux, ni barrières, ni frontières , les rappeurs de ce groupe attendu en avait pourtant gardé sous le pied pour la sortie de leur second opus. Orchestré de main de maître par l’ingénieux DJ Mehdi (quasiment en intégralité, Pone de la FF se glissant discrètement dans le casting des beatmakers de la livraison), le style électro et 80’s de ce Prince de la Ville lui confère à n’en point douter toute son originalité et sa force de frappe.

Si Rim-K, AP et Mokobé ne sont pas de rappeurs au dessus du lot, ils n’en forment pas moins une équipe charismatique et fédératrice pour bon nombre de quartiers de France et de Navarre. Jamais avares d’histoires de ghettos (le terrible « 1001 Nuits » avec Big Red et son refrain toasté), ni de bon gros tube calibré (la funk d’Angela Winbush ressuscitée sur le mégahit « Jackpotes 2000 »), le 113 s’impose d’entrée par son style à part. Un style majoritairement à mettre au crédit de DJ Mehdi, orfèvre de cet OVNI et architecte sonore multicarte de la Mafia K’1Fry (et bien plus désormais). En acceptant de laisser carte blanche au producteur et à ses inspirations, les 3 rappeurs de Vitry se sont offert le luxe de changer de catégorie et d’entrer dans la classe fermée des groupes ayant proposé, un jour ou un autre, un opus en avance sur son temps. « Les Princes de la Ville », qui ferme la marche la tracklist (annoncée) en dit long sur l’atmosphère qui règne sur l’ensemble des compositions de Medhi : une musique inspirée de l’électro, du funk, forgée avec patience, parée pour la nuit et de fait, imparable. Certes, les mauvaises langues d’aujourd’hui auront des arguments tous trouvés en dénonçant le caractère ouvertement ‘commercial’ de certains titres (« Hold Up », « Tonton du Bled »), mais le potentiel explosif de l’ensemble demeure une constante près d’une décennie plus tard. « Les regrets restent » (avec un bon Boss One), ou encore « Face à la Police » (ft. Faya Dem) ou encore « Réservoir Drogue » viennent contrebalancer le versant clinquant et facile de cet opus, tout en baignant encore dans les thèmes favoris des trois compères : armes, drogues, rue, mais aussi fêtes et hommage aux racines des uns ou des autres.

Véritable tournant dans la façon d’envisager le rap français, Princes de la Ville marque les esprits à bien des égards. Pour avoir été le laboratoire d’une expérimentation gagnante de DJ Mehdi, d’une part, et pour la joyeuse voyoucratie de ses auteurs, d’autre part (si bien que les thèmes les plus rudes de l’opus passent au second plan en face de la bonne humeur des tubes pré-cités, et que même le braquage de « Hold Up » passe pour un gag). Forts de cette carte de visite distribuée jusqu’aux pompeuses Victoires de la Musique (qu’ils remporteront), Rim-K, AP et Mokobé venait ainsi de changer la donne, et de devenir l’un des groupes français les plus populaires de son temps.

Chronique réalisée par Raging Bull

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